MI MANCHI…
– Allô, ça va toi ?
– Coucou Shadé, fis-je, ayant reconnu la voix de ma compatriote béninoise préférée, celle qui troublait fortement mes nuits.
– Tu es chez toi?
– Oui j’y suis, du moins pour les trois prochaines heures.
– Cool, je suis dans les parages, pourrais-je passer te voir ?
– Euuh…
– Oui je sais que nous avons un différend actuellement, mais j’aimerais te voir et qu’on en parle de vive voix.
– …
– S’il te plaît.
– Je ne sais pas si c’est une bonne idée Shadé.
– S’il te plaît…
Elle prenait encore cette petite voix, enfantine et sexy à la fois qui faisait son charme et qui me désarmait entièrement. J’avais beau essayé de garder mon contrôle, d’être froid et distant avec elle mais c’était si dur. J’avais vécu un enfer ces derniers jours, me forçant pour ne pas lui écrire ou l’entendre.
Et là, elle passait me voir ?
Elle, venir chez moi ? Ce n’était pas prudent pour moi : ni pour mes pensées, ni pour mes pulsions.
Depuis qu’on s’est rencontré, je n’avais jamais été dans le même environnement qu’elle sans l’effleurer, la toucher d’une manière ou d’une autre. Et avec cette situation comment allais-je faire ? J’avais soigneusement évité de la revoir depuis que j’ai su. Au-delà de mon égo, de mon ressentiment, je savais pertinemment que je ne lui résisterais pas et que je tenais tout de même à elle.
Par chance, mon désarroi m’avait conduit à nettoyer de fond en comble mon appartement deux jours auparavant. Il n’y avait que mes chaussettes et mes baskets, rescapés de ma séance de footing de ce matin qui traînaient encore dans l’entrée. J’avais le temps de les ranger avant l’arrivée de mon ex-copine.
Je ne supporte pas l’idée qu’elle ait ce titre :
– Ex-copine….
Dans trois jours, nous aurions eu un an de relation ensemble. Tout se passait bien. C’était si fluide. Elle était pure et géniale. Souriante, tendre, charmante, ouverte d’esprit, sensible, vraiment adorable et folle sur les bords. Elle s’assurait de me faire rire, de me mettre du baume au cœur chaque fois que je me sentais moyennement bien. Elle savait comment prendre soin de moi, de mon corps, et je pense même de mon cœur, petit à petit comme personne auparavant ou de moins depuis très longtemps. Mais cela ne suffisait pas à supporter qu’elle puisse avoir ou voir quelqu’un d’autre que moi.
Un quart d’heure s’était écoulé depuis que je l’avais entendu, quand la sonnette retentit.
Je pris une profonde inspiration et ouvris la porte.
– Coucou toi !
Elle me gratifia de son magnifique sourire un peu timide, puis d’un baiser sur la joue avant de se faufiler dans l’entrée.
– Coucou !
Elle portait une robe salopette courte, tout en couleur avec un vert prédominant. En dessous elle avait un tee-shirt blanc à manche courte et à en juger par la forme non parfaitement arrondie de sa poitrine, elle ne portait pas de soutien-gorge.
N’y pense même pas, mec ! entendis-je dans ma tête.
Comment ça n’y pense pas mec ? Elle avait une de ces paires de seins. Ils étaient moelleux et tendres à souhait, et d’une douceur, et ses auréoles bien foncés…
Ses tétons trahissaient à chaque fois son excitation, durcissant et pointant fortement dès que je l’approchais pour lui faire des avances impudiques. Ils étaient d’excellents indicateurs de son désir et je me fiais aveuglément à eux toutes les fois où j’arpentais les chemins du plaisir avec elle.
Oh et puis le creux, non la vallée créée entre ses deux mamelons accueillait parfaitement ma tête quand je voulais sentir son parfum, ou encore la tête et le corps de mon membre – Mr Gi. Pour ce dernier, elle faisait se rapprocher ses deux monts pour l’emprisonner et lui permettre de faire des va-et-vient.
Il secoua la tête pour chasser cette pensée qui créa instantanément une turgescence au niveau de son entrejambe… Fallait sortir quelque chose et vite :
– Tiens, tu as teint tes cheveux ?
– Ah oui ! En effet, j’avais besoin de faire quelque chose de nouveau. Tu aimes ?
– Oui pas mal.
– Je l’ai fait sur un coup de tête. Je t’avoue que je suis un peu perdue ces derniers jours. Je n’en dors presque plus.
– On est deux… Assied toi. Je te sers quoi ?
– Un peu d’eau.
– Très bien Madame.
Elle ignora le canapé que je lui indiquai et me suivit vers la cuisine. Elle s’installa sur la chaise haute du comptoir qui séparait la cuisine du séjour. Prenant un verre dans l’un des placards à vaisselle et le remplissant d’eau courante, je sentis son regard dans mon dos. Je n’eus aucune peine à deviner qu’elle scannait scrupuleusement mes fesses. Elle m’avait toujours dit qu’elle adorait la manière dont je les avais rebondis et fermes. Pensait-elle à comment elle me les aurait attrapées et tapées une fois qu’elle se serait faufilée derrière moi pour me susurrer à l’oreille combien je lui avais manqué et combien elle avait envie que je la soulève là sur le plan de travail ?
– Yénan ?
– Oui ? fis-je en m’éclaircissant la voix pour me forcer à revenir dans la pièce.
– Je ne sais pas trop comment me comporter… Lâchât-elle dans mon dos.
– Reste normale, nous ne sommes pas en guerre et tu sais que je ne te déteste pas.
Je me retournai et lui tendis le verre.
– Excuse-moi bébé.
– ….
– Excuse-moi, je n’ai peut-être plus le droit de t’appeler ainsi. Tu vois je ne sais vraiment pas sur quel pied danser. Tu sais comment je ne sais pas gérer les changements. Je suis en pleine panique. Tu me manques. Tout se chamboule dans ma tête…
J’aurais voulu qu’elle arrête de parler. Je l’aurais fait taire en posant mes lèvres sur les siennes. Je pouvais l’embrasser pendant des heures tellement ses lèvres étaient douces et pulpeuses. Elle embrassait avec tendresse, donnait l’impression de mettre son âme à contribution dans chacun de ses baisers. Les soupirs qu’elle laissait échapper durant nos échanges labiaux me rendaient fou.
Ne se rendait-elle pas compte à quel point elle me séduisait, me désarmait entièrement avec le regard, certes triste, mais très intense qu’elle posait sur moi en ce moment ? Il était presque similaire à celui qu’elle avait quand elle salivait sur la tête de Mr Gi, juste avant de la reprendre en bouche ?
Merde concentre toi mec ! Elle te parle et tu ne suis toujours pas. PERVERS !
– Je suis désolée. Je sais que je nous ai mis dans une position difficile.
Position….
– Je n’ai pas réfléchi aux conséquences.
Je veux bien me concentrer sur ce qu’elle me dit mais là c’est compliqué mec !
La seule position dans laquelle j’aurais voulu me retrouver avec elle : c’est moi entre ses cuisses, à me délecter de son intimité, m’abreuver sans craindre la noyade. Encore et encore…
– Tu m’écoutes Yénan ?
– Euh … Oui bien sûr.
– Ne sois pas distant avec moi, s’il te plaît.
Elle posa sa main sur mon avant-bras. J’en frissonnai.
Loin de moi l’idée d’être distant avec elle avec toutes ces pensées obscènes que j’avais de nous deux. En dépit de la situation, je souhaitais réduire au maximum les centimètres qui nous séparaient à des millièmes de millimètres. Je serais profondément en elle, dur, gonflé, de sorte à me sentir à l’étroit en elle…
Comme d’habitude elle se serait accrochée à mes épaules, m’aurait serré très fort de ses bras. Elle m’aurait emprisonné entre ses cuisses, croisant ses jambes sur mes fesses pour que jamais je ne me retire de son antre…
– Je ne sais pas comment nous surmonterons cela. Mais on va y arriver n’est – ce pas ? Je ne veux pas que ça change entre nous.
Je la regardais intensément… Je me tenais débout, en face d’elle, heureusement de l’autre côté du comptoir. Elle ne pouvait voir Mr Gi qui se débattait furieusement dans mon jogging. Ce n’était pas le moment mais je ne pouvais m’en empêcher. A ma décharge, cela faisait une semaine que je n’avais pu la toucher et inversement et j’étais vraiment en manque de son toucher, de son odeur.
– Yénan… Dit-elle dans un sanglot.
Avait-elle gémi ? Me suppliait elle de rester en elle ?
Bon je suis obligé de te calmer, monsieur Tortue Génial… Tu connais l’ultime remède pour calmer tes ardeurs et te faire redescendre qu’importe la situation tendue.
C’est ainsi, que la voix dans ma tête, me passa une image de ma sœur d’abord souriante puis menaçante dans ma tête. Je sentis Mr Gi se dégonfler tout doucement. J’allais enfin pouvoir écouter quelques minutes, ce que me disais la charmante femme, déboussolée qui se trouvait en face de moi, les yeux larmoyants.
Shadé se redressa, descendit de la chaise haute et s’avança vers moi.
– Tu es précieux pour moi bébé, je ne veux pas te perdre.
– …
– Sers-moi fort dans tes bras… s’il te plaît.
Je n’aurais su lui refuser cette requête. Je la pris dans mes bras. Son visage se réfugia dans mon cou. Je me penchai pour en faire de même. Elle sentait toujours aussi bon. Mes bras l’enlaçaient, mes mains étaient au creux de la cambrure de son dos, à quelques centimètres de sa croupe. J’aurais pu la saisir…
Stop ! Stop Stop !
J’avais une folle envie de réaliser toutes ces pensées, ici et maintenant mais de quoi aurais-je l’air ? C’était l’avenir de notre couple qui était en jeu. C’était un moment sensible pour elle, pour moi, pour nous. J’allais devoir garder le contrôle tout au long de sa visite et je devais m’exprimer également sur mes sentiments, une chose dont je n’étais absolument pas fan.
Je lui fis un bisou sur le front et nous nous installâmes sur le canapé…
Photo by Zeynep Emecikli on Unsplash



4 commentaires
CARINTON
Waouh…Quelle agréable surprise Shana Khan!J’adore cette nouvelle approche de ton écriture.Une plus grande sensualité dans l’approche avec un mystère à peine dévoilé..A quand la suite??
Ps: really ,il a un prénom:Mr Gi…coquine Shana Khan
Shana Khan
Je suis ravie que tu aimes cette surprise Carinton!
Eh oui, il a un prénom. Chacun son kiff :p.
J’hésite à faire une suite…
Mdp
Oui une nouvelle approche de ton écriture
Highlovy
Merde!
C’est où la fin de cette histoire?
Et d’un style que j’adore avec une mise en forme qui fait écho à chaque partie de cette histoire.
Moi j’ai imaginé une suite… comme chacun de nous d’ailleurs.. et c’est le but👌🏿